dimanche 6 novembre 2016

Pêche à Sarlat

Certains vont jusqu'à la Dordogne pour attraper du poisson, d'autres préfèrent le Céou. On m'a dit que d'autres encore pêcheraient à l'embouchure de la Cuze, où les poissons seraient plus gros… Je ne suis pas pêcheur et donc ne sais quel crédit accorder à ces histoires. Mais parfois, au détour d'un muret, attiré par un reflet aquatique, on fait d'étranges rencontres. Celle-ci eut lieu au nord de Sarlat, dans ce faubourg où la rivière n'a pas encore été imprégnée de civilisation mais est déjà canalisée. 

Quand je l'ai vue, cette belle carpe (car c'est une carpe, n'est-ce pas ?), j'en suis resté comme deux ronds de flan. Belle pêche !


Je ne suis là que pour faire de l'ombre !

lundi 3 octobre 2016

Des os… des os !…

Si La lanterne des morts n’a probablement jamais rempli le rôle d'une lanterne des morts
Os long écrasé par touriste inconscient.

Os long légèrement dégagé.
, elle se dresse cependant dans ce qui fut une partie du cimetière qui entourait l’abbatiale (puis cathédrale).
Les touristes qui l’approchent, le nez en l’air et la bouche entrouverte de surprise, feraient mieux de regarder où ils posent les pieds : le sol est jonché d’ossements, témoignages modestes et émouvants de l’occupation ancienne de cette parcelle de terrain. 
Qui était enterré ici ? Des moines sans doute puisque le cimetière de la ville était autour de l’église paroissiale Sainte-Marie. Mais personne n’a étudié la question et la réponse attend sous quelques centimètres de terre herbeuse. Le sol piétiné devant la Lanterne n’est qu’un petit espace de ce terrain de recherches potentielles.

Les pierres tombales disposées dans l’ancien cimetière des moines, sont aussi en attente d’une étude qui pourrait réserver des surprises. 


jeudi 4 juin 2015

Les yeux qui traînent…

En se promenant dans Sarlat, regardez tout, regardez partout, le moindre bout de mur peut vous conter une histoire, silencieuse souvent, ce qui vous laisse toute liberté pour l’inventer !

Je pense notamment aux pierres de remplois, ces pierres utilisées une première fois pour un usage particulier et réutilisées, parfois très longtemps après, pour un autre usage, soit parce qu’on en a besoin, soit parce qu’on ne sait plus d’où elles viennent, soit parce qu’on ne connaît plus leur signification, soit enfin par indifférence.

J’en ai trouvé quelques-unes, mais il en existe sûrement beaucoup d’autres qui attendent le regard acéré d’un curieux de passage.

Petit tour en ville :

Les pierres du cloître (XIIe siècle) sont évidentes, réutilisées dans le même mur pour construire le chapitre au XVe s.



Cette croix occitane dans le mur du jardin de la Lanterne des Morts vient sans doute d’un enfeu situé quelques mètres plus bas.




Quant au joli cœur qu’on découvre dans une petite rue de la partie ouest de la ville, il encourage à la rêverie et à l’imagination. Quelqu’un, je ne sais plus qui, m’a dit que c’est le cœur du jeu de carte et qu’il servait d’enseigne à un tripot, hypothèse étayée par la présence d’un pique qu’on reamrque, une fois dégagée la végétation qui le cachait.

 



La cathédrale elle-même en montre quelques-unes de ces pierres : Sur la façade, éparpillées mais si ressemblantes qu’elles ne peuvent provenir que du même lieu, ces quelques remplois agrémentent un mur trop banal pour être ancien.  Quant à la culée du premier arc-boutant nord, elle reçoit l’arc lui-même sur une base formée de quatre pierres de remplois provenant sans doute d’une chapelle Saint-Jean construite sur le bas de la rue Montaigne d’aujourd’hui qui explique la largeur de l’endroit. 

Pour agrémenter la façade ?
Éparpillées sur un grand mur banal.


Sic transit gloria mundi… Restes de chapelle...

Mais c’est dans un mur qui ne paie pas de mine, qu’on pourrait croire récent, que se remarquent, si l’on sait regarder, les remplois les plus impressionnants. Retournez dans la cour du cloître et tournez le dos au Chapitre. examinez soigneusement le mur devant vous en prenant l’air étonné qu’affichait le couple qui m’a vu prendre en photo des portions de ce mur et qui se demandait bien le pourquoi de l’entreprise ! Vous ne manquerez pas de remarquer des pierres aux contours étranges, fûts de colonne ou de pilastre, placées en boutisses, c’est-à-dire perpendiculairement au plan du mur, et qui, de l’autre côté, doivent s’enfoncer sous la terre du jardin surélevé par rapport à la cour.



détail















Pour finir, la reine des pierres de remploi, l’unique, la précieuse, l’incroyable, la pierre venue de la nuit des temps néolithiques, la plus ancienne pierre sarladaise travaillée par la main de l’homme, mesdames et messieurs : le polissoir !




Utilisé il y a quelques milliers d’années (4, 5, 6 000 ans ou plus ?) et remployé au XVIIe siècle pour fournir un appui à l’allège d’une fenêtre de la chapelle Saint-Benoît (XIIe s.), dite des Pénitents bleus, il atteste, d'une part, de l’occupation ancienne du lieu où coulait en abondance l’eau nécessaire au polissage et, d'autre part, de l’ingéniosité des maçons du XVIIe qui n’eurent pas envie de consacrer des heures à aplanir une pierre alors qu’en bouchant, probablement au mortier, ces curieuses traces allongées, l’appui était tout fait ! Le mortier étant plus fragile que le calcaire, la tricherie maçonne réapparut très vite au grand jour.

Combien sont-elles ces pierres travaillées avec talent puis rejetées, méprisées ou brisées, cachées dans l'épaisseur des murs construits sur et avec les ruines de bâtiments précédants ?…

lundi 18 mai 2015

Pas de souci !

Je viens de regarder le Guide de la restauration de Sarlat et de sa communauté de communes.
Bonne nouvelle : vous n'avez pas de souci à vous faire. Dans la seule vieille ville, intra muros, sur 12 hectares, on compte soixante-quinze restaurants… Je ne sais pas si c'est un record, mais ça doit en approcher !

Ne comptez pas sur moi pour vous dire où ne pas aller (je tiens à continuer à faire des visites !…), mais je peux vous conseiller, parmi d'autres, le Petit manoir où décor, accueil et cuisine sont très bien. Publicité gratuite et bénévole !

dimanche 10 mai 2015

Plus d'excuses

Comme je vous en parlais dans l’article L’eau à Sarlat le bruit courait que la Traverse dont les pavés semblaient inexorablement s’enfoncer dans un sous-sol problématique devait être refaite.

C’est fait.


C’est vrai qu’elle a moins belle allure qu’avec ses pavés à la parisienne d’avant 68, mais elle semble solide maintenant. les trottoirs qui étaient glissants par temps de pluie ont été martelés pour leur donner une rugosité de bon aloi.


Voilà, plus d’excuse pour ne pas venir à Sarlat pour vos prochaines vacances !

dimanche 28 septembre 2014

Pourquoi des toits comme ça ?

Parce qu’ils manquaient d’argile de qualité qui puisse faire de bonnes tuiles, les Sarladais couvrirent pendant longtemps leurs toits de brandes comme les toits de roseaux qu’on voit encore en Normandie, mais formés de toutes sortes petits bois, de bruyères, de roseaux, de fougères… Posés sur trois couches ou plus, ces végétaux remplissaient leur office, mais lorsqu’ils étaient bien secs, qu’une bougie mettait le feu à une maison, l’incendie prenait rapidement des proportions effrayantes.
C’est peut-être pour cela que, s’inspirant des cabanes de pierre qui jalonnent la campagne environnante, les Sarladais commencèrent à construire leurs toits en pierre. Les cabanes, o cabano en dialecte local, faussement appelées bories en Périgord, ont un épais mur circulaire sur lequel on construit un toit en deux parties : l’intérieur, de pierres sèches posées à plat en encorbellement, forme un plafond lisse en forme de cloche qui, à l’extérieur, est hérissonné, mot qui illustre bien son sens. C’est sur cette irrégularité extérieure des pierres du plafond que se caleront les lauzes du toit, l’ensemble, sans mortier d’aucune sorte, tenant par son poids.


Les toits des maisons n’ont que la couche extérieure de lauzes, posées à plat sur une charpente. Quand je dis « que » c’est manière de dire. En effet, la construction en est complexe et le résultat final impressionnant.
Sur un mur d’environ 80 cm d’épaisseur, on pose la charpente, en chêne le plus souvent, composée d’éléments (les fermes) triangulaires : deux arbalétriers d’égale longueur qui formeront la pente du toit réunis à leur base par l’entrait. Ces fermes espacées de 50 cm ont déjà un poids énorme. 
Elle doit être très solide pour supporter un toit qui pèsera ente 500 et 800 kg au m2 ! En effet, les lauzes posées en tas de charge sur une épaisseur moyenne de 30 cm, sans mortier donc, s’élèvent comme un mur de pierres sèches du sommet du mur au sommet du toit, coincées régulièrement entre de fragiles lattes de châtaigniers pour répartir le poids qui s’élève à plusieurs tonnes. 


C’est le poids total du toit qui explique cette pente prononcée (60°) lui donnant des allures de toit de montagne sur lequel la neige glisserait. 




Aussi complexes que rustiques, les toits de Sarlat lui donnent tout son charme. 

vendredi 5 septembre 2014

Permanence de l'usage (bis)



Après l'évier, les latrines… Pourquoi changer
un système qui fonctionne ?